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Voici Un Dessin Suisse

Premier dimanche du mois. Musées gratuits. Je choisis le Rath.

Les merveilles de Giacometti à peine remballées, l'exposition "Voici un dessin Suisse" s'invite chez le voisin du Grand Théâtre.

Trente ans après l'exposition "Le Dessin Suisse", le musée Rath accueille une quarantaine d'artistes helvétiques autour du dessin mais pas que. Installation, animation, Street Art, art numérique, art monumental : le médium a évolué.

Et je ne peux que vous conseillez d'aller y faire un tour. Quelques oeuvres m'ont particulièrement plu :

Le réalisme des dessins de Marcel Gähler, dont les cadrages resserrés, le grain et les flous donnent à croire qu'il s'agit d'une séquence vidéo photographiée sur une vieille télé.
Une esthétique magnifique.



L'installation de Zilla Leutenegger, Corridor, mélange dessin, vidéo et volume. Un portrait de l'artiste est assis sous un escalier, plongé en pleine réflexion. Humour et poésie.

Les points lumineux traçant un paysage nocturne d'Ante Timmermans grâce à une simple feuille perforée et un rétroprojectuer. Illusion magique.

Et puis le travail de Marc Bauer (qui avait participé à l'espèce de chose mélancolie il y a quelques mois au mamco). Très sombres, ses dessins racontent des histoires fragmentées, puisants dans les souvenirs imaginaires et collectifs.

Et pleins d'autres.
Jusqu'au 15 Août.

(l'article est aussi disponible sur l'Aïe-Genda)

Giacometti

Je connaissais ses statues filiformes et son regard franc sur les billets de 100. Profitant de la gratuité des musées le premier dimanche du mois, j'ai découvert l'intégralité de l'oeuvre d'Alberto Giacometti.

Après avoir suivi des études d'art (à Genève !) Giacometti est confronté à l'impossibilité de représenter d'après nature. Ses travaux commencent alors à se styliser, influencés par l'art primitif.
De cette période sont exposées des sculptures tels que la Femme-cuillère (à droite) et la Tête qui regarde.

Puis, Giacometti se concentre sur l'être humain. Sans vouloir se soumettre aux règles classiques, il cherche à restituer ses modèles le plus justement possible.

Et ses statues rétrécissent, traduisant le désir de l'artiste de représenter "l'image de sa propre perception intérieure".
Les minuscules sculptures de son neveu posées sur des socles immenses m'ont simplement donné le vertige...


Arrive le temps des silhouettes allongées, amincies. Alberto Giacometti n'est clairement plus dans la représentation du visuel, mais du sensoriel. Dénudées de leur pesanteur, elles s'opposent aux miniatures angoissantes, proposant une fin heureuse et légère.


J'ai aussi pu découvrir ses peintures, si sombres et si belles. Il gribouillait tout, tout le temps, obsédé par ses recherches...

J'en suis ressortie toute émue et trempée (il pleuvait).